Une deuxième ligne posée sans vérifier la réglementation locale, et c’est le portefeuille qui trinque : selon la catégorie piscicole du cours d’eau, doubler ses cannes sans en avoir le droit expose à une contravention de 3e classe pouvant grimper jusqu’à 450 euros. L’histoire que je vais vous raconter, celle d’un pêcheur pris en flagrant délit avant même sa première touche, illustre parfaitement pourquoi il faut connaître les règles avant de multiplier le matériel au bord de l’eau.
À retenir
- Pourquoi une deuxième canne peut transformer une simple partie de pêche en infraction pénale
- Comment la catégorie piscicole de votre cours d’eau détermine le nombre exact de lignes autorisées
- Le détail que les gardes-pêche ne négocient jamais, même pour les infractions qui semblent anodines
Une seconde canne, une envie légitime… et une erreur classique
Doubler ses chances au bord de l’eau, c’est une tentation que tout pêcheur connaît. Une canne au posé pour la carpe, une autre en action de pêche pour le gardon qui frétille sous la surface : sur le papier, l’idée séduit. Mais la réglementation française sur le nombre de lignes autorisées ne laisse aucune place à l’improvisation. Elle varie selon l’endroit exact où vous plantez vos pieds dans la vase.
Sur les eaux de première catégorie qui n’appartiennent pas au domaine public, la règle est sans appel : une ligne dans les eaux de première catégorie, autres que celles appartenant au domaine public. Une seule ligne, montée sur une seule canne. Basculez sur une rivière domaniale classée en première catégorie, et la marge de manœuvre s’élargit légèrement : deux lignes au plus dans les eaux domaniales de première catégorie ainsi que dans les plans d’eau de première catégorie désignés par le préfet. En seconde catégorie, la générosité augmente encore, avec trois ou quatre lignes au plus, selon le département, dans les eaux de seconde catégorie.
Le pêcheur de notre histoire pêchait justement sur un petit affluent classé première catégorie, hors domaine public. Une truite farouche, un coin de berge tranquille, l’envie irrésistible de tenter une seconde canne pour varier les appâts. Il n’avait tout simplement pas le droit. Et peu importe que le poisson n’ait pas encore mordu : l’infraction se constate au moment où la ligne surnuméraire touche l’eau, pas au moment de la capture.
Ce que peut faire un garde-pêche, et ce qu’il constate vraiment
Les gardes-pêche particuliers ne sont pas de simples figurants en uniforme vert. Le garde est une sentinelle de la nature, il peut être amené à constater des pollutions, des travaux sur les cours d’eau, il est aussi investi d’un pouvoir de contrôle des cartes de pêche, techniques, nombre de prises et tailles des poissons et peut dresser un procès-verbal pour non-respect de la police de l’eau. Ce pouvoir n’a rien de symbolique : un PV dressé engage une procédure pénale bien réelle, même pour une infraction qui paraît anodine au premier abord.
La pêche avec un nombre de lignes supérieur à celui fixé par l’arrêté préfectoral relève de l’article R.436-40 du code de l’environnement. Concrètement, cela se traduit par une contravention de 3e classe punie d’une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros. Une somme qui peut surprendre pour un simple bout de fil supplémentaire, mais qui reflète la philosophie du texte : chaque ligne posée en trop représente une pression additionnelle sur des populations piscicoles déjà fragilisées sur certains cours d’eau de tête de bassin.
J’ai croisé plusieurs fois des gardes lors de mes sorties, et leur démarche n’est presque jamais punitive à la première approche. Leur mission première reste la pédagogie : sensibiliser et informer les pêcheurs ainsi que les promeneurs au cycle de l’eau. Mais face à une infraction constatée noir sur blanc, deuxième canne posée alors qu’une seule est autorisée, le PV suit, sans marge de négociation possible sur le terrain.
Vérifier avant de doubler la mise : le réflexe qui évite l’amende
La réglementation nationale fixe un cadre, mais chaque préfecture l’adapte à son cours d’eau, à sa pression de pêche, à ses enjeux locaux. C’est précisément ce qui piège tant de pêcheurs occasionnels ou de vacanciers habitués à d’autres départements. Un cours d’eau qui autorise quatre lignes chez vous peut n’en tolérer qu’une seule à trente kilomètres de distance, simplement parce qu’il change de catégorie piscicole ou de statut domanial.
Avant de sortir une seconde canne du fourreau, un coup d’œil à l’arrêté préfectoral de la fédération départementale concernée règle la question en deux minutes. La plupart des fédérations publient ce document en ligne, avec les spécificités par secteur, parcours et catégorie. Un détail technique mérite aussi l’attention : les lignes doivent être montées sur cannes et munies au plus de deux hameçons ou de trois mouches artificielles. Même avec le bon nombre de cannes, un montage trop garni en hameçons constitue une infraction distincte.
Autre point souvent négligé : les lignes doivent être disposées à proximité du pêcheur. Poser une canne à cinquante mètres de soi pendant qu’on pêche activement avec une autre ne respecte pas cette exigence de surveillance rapprochée, même si le nombre total de lignes reste conforme. La récidive, elle, change complètement la donne : en cas de récidive, les sanctions sont doublées et peuvent entraîner la confiscation du matériel de pêche et la suspension de la carte.
Un détail que peu de pêcheurs connaissent : les cartes promotionnelles, celles destinées aux femmes ou aux moins de douze ans découvrant la pêche, imposent une restriction encore plus stricte que la règle générale. Les détenteurs d’une carte promotionnelle découverte femme ou d’une carte promotionnelle découverte moins de 12 ans sont limités à une canne, en toutes circonstances. Une nuance qui vaut la peine d’être vérifiée avant de prêter sa deuxième canne à un enfant tout juste initié, sous peine de transformer une belle après-midi de transmission en mauvaise surprise administrative.
Sources : federationpeche44.fr | fede-peche31.com