Combien de truites par jour sont autorisées : le plafond national, les quotas départementaux et ce qui est compté

Le Code de l’environnement fixe à 10 le nombre autorisé de captures de salmonidés autres que le saumon par pêcheur et par jour. Ce plafond figurait à l’ancien article R. 236-28, repris depuis dans la partie R436 du code. Un second alinéa laisse au préfet la possibilité de le réduire, et dans les Vosges, le nombre de captures est limité à 6.

Sur la rivière, c’est donc presque toujours 6 qui s’applique.

À retenir
  • Le Code de l’environnement fixe à 10 le nombre de salmonidés autres que le saumon par pêcheur et par jour.
  • Le préfet peut réduire ce plafond, et dans les Vosges il est fixé à 6.
  • Beaucoup de départements ajoutent un sous-quota de truites fario, souvent 3 maximum.
  • Les arc-en-ciel de lâcher comptent dans la même limite que les truites sauvages.

Dix sur le papier, six dans la musette

Le chiffre 6 revient dans les règlements de nombreux départements. La Saône-et-Loire, la Moselle, la Creuse, la Haute-Marne, la Côte-d’Or, la Meurthe-et-Moselle et le Loir-et-Cher l’affichent, chacun par arrêté préfectoral. Certains guides en ligne présentent même 6 comme le plafond national, alors que le texte parlementaire cité plus haut parle de 10.

Beaucoup d’arrêtés ajoutent un sous-quota sur la fario. En Saône-et-Loire, le prélèvement est fixé à 6 salmonidés dont 3 truites fario maximum, en 1re comme en 2e catégorie. La Moselle applique la même formule, tout comme la Côte-d’Or, qui y ajoute 1 ombre commun maximum. Résultat : un pêcheur qui lève six poissons dans la journée doit en avoir remis au moins trois à l’eau si la fario domine sa pêche.

Le Loir-et-Cher fonctionne autrement. Le quota y est de 6 truites, fario et arc-en-ciel confondues, avec une taille légale de 25 cm. La fédération précise que, toutes catégories piscicoles confondues, le total ne peut excéder 6 truites et 2 brochets par jour. Passer d’une rivière de 1re catégorie à un plan d’eau de 2e catégorie dans la même journée ne remet donc pas le compteur à zéro.

Ce que le compteur avale vraiment

Le quota porte sur le groupe des salmonidés, pas sur l’espèce que vous avez en tête. En Creuse, le guide 2026 compte dans les six poissons la truite fario, la truite arc-en-ciel, l’omble chevalier, le saumon de fontaine et l’ombre commun, avec trois fario au maximum. Une arc-en-ciel de lâcher glissée dans le panier pèse autant dans la limite qu’une fario sauvage.

La Haute-Marne va dans le même sens. Son règlement fixe six captures de salmonidés, ombres communs et corégones compris, dans les eaux de 1re et de 2e catégorie. Le corégone n’est pourtant pas traité partout de la même manière. La Meurthe-et-Moselle publie pour l’ouverture 2026 un quota de six truites dont trois fario, et un quota de 6 corégones par jour d’une taille supérieure à 30 cm, comptés à part.

Une capture hors période ne compte pas, elle repart à l’eau.

La fédération de Loire-Atlantique le rappelle : toute capture accidentelle pendant les périodes d’interdiction doit donner lieu à la remise à l’eau du poisson. Une truite sous la taille légale suit la même règle. Cette taille varie de 23 à 30 cm selon les départements : 30 cm en Haute-Marne, 25 cm en Loir-et-Cher, et en Côte-d’Or 30 cm, sauf 23 cm sur le Cousin, la Romanée, le Tournesac et le Vernidard.

Quand le département serre la vis

Certaines fédérations descendent bien en dessous de 6, parfois sur un parcours précis. En Loire-Atlantique, les truites doivent être relâchées presque partout. Le prélèvement n’est ouvert que sur deux zones : 3 truites par pêcheur et par jour sur le Cens, du pont de l’autoroute au pont du Cens, et un tronçon du Gesvres, avec une taille minimale portée à 26 cm. Partout ailleurs, la remise à l’eau des truites est obligatoire. Les parcours Loisir Truite du département sont eux aussi limités à 3 poissons par jour.

Un site spécialisé cite aussi la Loire (42), où le quota serait de 3 salmonidés toutes espèces confondues, et le Var, à 4 salmonidés dont une seule fario. Je ne les ai pas recoupés avec les arrêtés eux-mêmes, donc prenez ces deux chiffres comme des pistes à vérifier. Les parcours no-kill, eux, interdisent généralement toute rétention, quel que soit le quota du département.

Les AAPPMA (associations locales de pêche) peuvent aussi durcir les règles sur leurs lots. La fédération de Côte-d’Or le signale noir sur blanc : certaines associations ont instauré une réglementation propre sur le nombre et la taille des captures, à vérifier auprès d’elles. Une rivière peut donc changer de règle d’une commune à l’autre, parfois d’un pont à l’autre.

Le bon réflexe avant de poser la canne

La source qui fait foi est l’arrêté préfectoral de l’année, relayé par la synthèse de votre fédération départementale. Les sites agrégateurs reprennent souvent le calendrier national et le quota de 6 par défaut. L’un d’eux le dit lui-même : les arrêtés préfectoraux peuvent rehausser les tailles ou réduire les quotas.

Regardez aussi la catégorie piscicole du tronçon. En 1re catégorie, peuplée surtout de truites, les eaux sont principalement habitées par des salmonidés, alors que la 2e catégorie regroupe les cyprinidés dominants. Un même département peut y appliquer des règles de taille, de technique ou de quota différentes. Un guide de pêche imprimé en début d’année vaut peu s’il n’a pas été recoupé avec la dernière mise à jour de la fédération, comme celle du 9 janvier 2026 affichée par la Loire-Atlantique.

La saison 2026 a fermé le 20 septembre dans la plupart des départements. Si le calendrier national s’applique chez vous, la prochaine ouverture tombera le deuxième samedi de mars, soit le 13 mars 2027, et c’est cet hiver que les nouveaux arrêtés seront publiés. Relisez-les avant d’acheter vos appâts, car un quota passé de 6 à 3 se découvre rarement sur place.