La pêche EN PROSPECTION

(par leterrie et Massilia)

Depuis une dizaine d’année, la pêche du bar aux leurres, ainsi que tous les poissons réceptifs à ce mode de pêche, a pris un immense essor. A cela plusieurs raisons que nous ne citerons pas mais que nous pourrons résumer par la démocratisation de la pêche. En parallèle de ce phénomène s’est développé un éventail de marques proposant chacune un nombre incalculable de références : on ne dénombre ainsi plus les différents leurres durs et maintenant souples depuis quelques années, alors qu’il y a 15 ans le choix était beaucoup plus restreint …
Cette évolution a véritablement permis de rendre la pêche des bars, colins, vieilles… accessible au plus grand nombre. Effet pervers de la chose, la pression de pêche a cru de façon conséquente entrainant une diminution des résultats sur tous les postes accessibles de bord de mer.
Tout ceci pour expliquer que les pêcheurs ont été amenés à traquer sieur labrax sur des postes plus éloignés, plus profonds… Il devient alors plus difficile de pratiquer une pêche « au hasard », en se basant juste sur ses connaissances. A ce petit jeu, certains pêcheurs aguerris s’en tirent mieux que d’autres de par leur lecture de l’eau et leur expérience. Pour d’autres, le développement des outils électroniques tels le sondeur et le GPS a été une véritable révolution, leur permettant aujourd’hui d’enregistrer des résultats bien au-dessus de « la moyenne », quelque soit l'endroit où ils naviguent. Pour ne citer qu’eux, la plupart des compétiteurs pratiquent cette pêche, avec les résultats que l’on connait…

 

Deux outils indissociables permettent aujourd'hui d'exercer une pêche dite de prospection :

 

1-Le GPS (Global Positioning System)

C'est un système basé sur des satellites en orbite autour de la terre permettant de se localiser partout dans le monde avec une précision de l'ordre du mètre (compter une précision d'une dizaine de mètres pour les GPS grand public). Il a été conçu à l'origine à des fins militaires et a été démocratisé dans les années 2000. Très utilisé par les automobilistes, il l'est également par les navigateurs, leur permettant de se repérer dans cet environnement immense qu'est la mer. Les coordonnées de positionnement se font en longitude et latitude (exprimés en degrés est/ouest et nord/sud), par un procédé de triangulation.

La console GPS seule ne présente cependant qu'un intérêt restreint dans la mesure ou savoir votre positionnement n'est utile que s'il est relatif à un environnement connu!

Il faut donc lui adjoindre une carte, en ce qui nous concerne une carte marine. Parmi les plus connues, on peut citer les Navionics gold et platinum, ainsi que les Garmin g2 vision. Outre de vous situer sur une carte marine, cela vous permettra également de visualiser la nature des fonds, et notamment les plateaux rocheux qui sont des postes de prédilections pour la recherche des prédateurs marins. Il vous sera également possible de visualiser le tracé de vos dérives, et donc de pouvoir reproduire quasi à l'exact une dérive fructueuse...

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Afin de profiter au maximum de votre console GPS, nous ne saurions trop vous conseiller d'opter pour un écran couleur, avec une bonne définition (nombre de pixels), d'une taille permettant une lecture aisée, et munie de la fonction zoom qui nous le verrons par la suite se révèle indispensable en action de pêche.

Autre caractéristiques utiles, votre boitier doit être étanche. Nous vous conseillons la norme d’étanchéité IPX7 (supporte une immersion pendant une demi-heure dans une profondeur de 1 mètre), afin au mieux de supporter les embruns, ou au pire (pour les fous de pêche comme moi...;) ), le retournement d'un kayak...

 

 

 

2-Le sondeur

C'est lui aussi un outil indispensable, il permet de déterminer la nature du fond, de connaître la profondeur et la température de l'eau et de détecter les obstacles (poissons, algues...) entre 2 eaux...

Le sondeur, via une sonde, envoi une onde en direction du fond. Cette onde est réfléchie vers la sonde dès qu'elle rencontre un obstacle. En fonction du temps de réponse et des caractéristiques de l'onde renvoyée, le sondeur est capable de déterminer la nature ainsi que la profondeur de ces obstacles.

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La sonde joue donc un rôle primordial dans le fonctionnement du sondeur. Elle peut être traversante ou fixée sur un tableau arrière. On préfèrera ces dernières pour les embarcations ayant un déjaugeage prononcé. Personnellement, j'utilise une sonde traversante sur mon kayak.

Suivant le niveau de gamme choisi, vous bénéficierez d'un nombre variable de faisceaux de sonde : en général entre 1 et 2, permettant de couvrir plus ou moins de surface. Ainsi, votre sondeur ne se contentera pas de vous livrer des informations sur la nature du fond sous votre embarcations, mais vous donnera également des indications latérales, en fonction de l'angle du (des) faisceaux. Certains sondeurs proposent d'ailleurs des fonctions de partage d'écran permattant de visualiser sur 2 parties d'écran différentes chaque faisceau. De même, sur certains sondeurs (par exemple ceux de marque Humminbird), vous aurez accès à une fonction d'identification des poissons qui fera apparaître ceux-ci en bleu ou rouge, chaque couleur étant liée à un des faisceaux. Donc, par exemple, si le poisson apparaît en rouge, c'est qu'il se situe sous l'embarcation (faisceaux le plus fin), s'il apparaît en bleu c'est au contraire qu'il se situe à gauche ou à droite du bateau (faisceaux le plus large).

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Comme pour les GPS, un écran couleur, de taille suffisante, résistant à l'immersion et permettant la lecture par forte luminosité est très utile.

Enfin, pour conclure sur la partie matériel, notons qu'il existe des combinés, intégrant à la fois la fonction GPS et la fonction sondeur dans un même appareil. C'est très pratique et cela permet de réduire les frais car tous ces jouets coûtent cher...

 

 

Voyons maintenant le déroulement d'une partie de pêche en prospection :

Dans la plupart des pêches en mer pratiquées de nos jours, c'est le fait de prendre du poisson qui détermine si un poste est bon ou non. La pêche en prospection va au contraire nous faire rechercher le poisson, dans un premier temps sans pêcher, à l'aide des outils électroniques que nous venons de voir, avant de sortie les cannes et divers leurres souples ou durs.

Dans un premier temps, le jeu va consister à étudier, sur la carte marine du gps, les spots potentiels. Il existe différents type de postes favorables, mais nous nous limiterons ici aux plateaux rocheux, hauts fonds et de façons plus générales toutes les cassures. On va ainsi rapidement faire ressortir les divers postes susceptibles de fixer le poisson fourrage, et donc inévitablement les prédateurs dont le bar.

On va ensuite déterminer un ordre de prospection, sorte de route nous permettant d'enchainer les zones propices les unes après les autres, et qui permettra d'optimiser le temps de prospection. La sélection des points à prospecter dépendra de différents paramètres comme la hauteur d'eau. Il serait en effet illusoire de vouloir passer moteur allumé sur un poste avec un niveau d'eau inférieur à 10-15m sans effrayer le poisson éventuellement présent. A noter que ces premières étapes peuvent être réalisées sans avoir à mettre un pied sur l'eau, les cartographies récentes permettant de simuler la hauteur d'eau sur un poste donné à un moment de la marée...

Va alors commencer la prospection à proprement parler, c'est-à-dire le passage en revue méthodique de chaque poste. C'est à ce moment-là que le sondeur prend toute son importance! L'objectif va être de détecter les boules de menuise (nom local du poisson fourrage), et si possible sa nature. On va donc quadriller les plateaux rocheux ou la cassure par plusieurs passages, en utilisant le GPS pour visualiser les différents tracés.

Si le sondeur n'indique aucune détection, cela ne sert à rien d'insister plus longtemps, il est alors temps de changer de spot et de recommencer la même opération. Par contre, s'il indique la présence de poissons, il vous faudra noter le point sur votre GPS (ce qu'on appelle en anglais un "waypoint").Cette opération est extrêmement simple à réaliser sur la plupart des GPS, et vous permettra par la suite de retrouver facilement le poste en question avec une précision impossible à reproduire sans électronique. Pour cela on utilisera la fonction zoom du GPS, qui nous permettra de nous replacer à quelques mètres près de la dérive recherchée.

Plusieurs cas sont possibles : soit vous avez repéré de la menuise, souvent représentée par des petits points de couleurs claires (jaune vert sur la plupart des sondeurs) pouvant représenter des "taches" importantes sur le sondeur, dues à la taille du banc. Dans ce cas, il n'est pas utile de sortir les cannes, notez-le point et revenez plus tard, par exemple à la renverse de la marée. Les prédateurs passeront forcément à un moment ou à un autre...

Par contre, si en plus de la menuise vous détectez des échos plus importants (visibles avec la fonction fishID ou par des couleurs tirant sur le rouge foncé sur un sondeur classique), alors il faut noter le point et contourner amplement la zone afin de se replacer et refaire la même dérive. Essayez alors plusieurs leurres souples jusqu'à trouver le bon, c'est-à-dire celui qui se rapprochera le plus du poisson fourrage. De façon générale, on privilégiera les slugs pour imiter les lançons et les shads pour les sardines, maquereaux et autres gros fourrages... Les leurres type Fins avec une queue en V peuvent également convenir à merveille en cas de présence de petits sprats. Si vous êtes plusieurs à bord, utilisez chacun un type de leurre différent afin de déterminer rapidement lequel est le mieux adapté.

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Après chaque dérive fructueuse, si vous désirez remettre le poisson à l'eau, profitez du replacement du bateau pour une nouvelle dérive afin d'éviter de libérer celui-ci à proximité de la détection. Les poissons ont en effet cette faculté de se transmettre leur stresse, ce qui pourrait avoir un effet rédhibitoire en clouant le bec au reste de la troupe! Un vivier vous permettra de conserver ceux-ci avant de les relâcher plus loin.

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Cette technique se pratiquera essentiellement à bord d'un bateau, si possible de type pneumatique, pour sa vitesse de propulsion et sa stabilité en dérive. Cependant, vous pouvez comme moi équiper un kayak de mer d'un sondeur et utiliser un GPS portable (de la taille d'un gros téléphone portable). Certes vous couvrirez moins de terrain et les résultats seront donc moins bons qu'en bateau, mais vous gagnerez en discrétion ce qui est un atout non négligeable...De plus vous pourrez mettre à l'eau quasiment partout et donc prospecterez des coins sauvages où le poisson est peu dérangé.

 

 

Voilà, nous venons de faire le tour d'une technique finalement relativement simple, mais qui permet d'optimiser au mieux une partie de pêche aux leurres. Les jours fastes, quand vous aurez la chance de tomber sur des bancs de bars (ça arrive!), vous pourrez ainsi réaliser de nombreuses prises. Pensez que la ressource n'est pas inépuisable et ne conservez que ce que vous consommerez.

N'hésitez pas à nous poser vos questions sur le forum. Nous nous ferons un plaisir de répondre à vos questions!

 

 

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